Tribunes

Tribune - Décembre 2019

Le social : du national au local

Comme à l’habitude, c’est sur le sujet de l’immigration (un thème susceptible d’apporter des voix !) que l’on préfère braquer le regard des citoyens, histoire de faire oublier les dispositions en cours, d’atteintes aux droits sociaux. Les restrictions sur les droits des chômeurs vont renforcer la précarité des plus modestes ; celles sur la santé : par exemple priver les migrants d’accès aux soins gratuits, auront pour conséquence, outre un scandale moral, une extension des problèmes d’épidémiologie. 

Au plan politique, le gouvernement d’Edouard Philippe ne s’y prendrait pas mieux pour faire monter les partis extrémistes dans notre pays, notamment le Rassemblent National et ses amis … 
Notre société a besoin de réponses adaptées pour le mieux-vivre ensemble tant au plan national qu’au plan local. Retraites, emploi, chômage, école, éducation, sécurité et environnement constituent les questions essentielles pour lesquelles nos concitoyens doivent avoir des réponses empruntes de solidarité et d’espoir pour eux et leurs enfants. 

Sur l’emploi à Compiègne, où, selon Philippe Marini, si l’on en juge par ses déclarations dans Compiègne Notre Ville, « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes », les questions sociales trouvent toute leur réalité ; taux de chômage de la population : 18.1% contre 17% dans les Hauts de France ; public particulièrement touché : les jeunes dont 33% sont sans emploi ; taux de pauvreté : 21% contre 14% en France et 18% dans les Hauts de France. 
Paradoxalement, les entreprises se développent dans le sud de l’Oise. Compiègne a en effet un atout de position géographique essentiel : le train, l’autoroute, la rivière et son projet de canal Seine Nord. Cette contradiction entre les forts taux de pauvreté et de chômage de la ville et cette exclusion d’un tiers des jeunes compiégnois de l’emploi, d’une part, et la dynamique économique locale, d’autre part, implique une réponse adaptée à la hauteur de ces enjeux. 
Force est de constater que cela ne fait pas partie des priorités du Maire de Compiègne et de son équipe. 

Le groupe PS Social - Écologie

Tribune - Novembre 2019

Hommage à Jacques Chirac

La disparition de Jacques Chirac a naturellement marqué les esprits des Français. Plusieurs de ses actions ont été justement ou injustement critiquées. On préfèrera sans doute se souvenir de l’homme chaleureux et amoureux de toutes les cultures. Force est de reconnaître que le musée du Quai Branly invite au respect, voire même à la fascination ! Jacques Chirac était aussi l’homme du refus de l’extrême droite et des dérives odieuses de l’histoire. Il a su dire « non » à la deuxième guerre d’Irak, et fut parmi les premiers, dans un discours à Johannesburg, à alerter l’opinion internationale contre le réchauffement climatique. 

À Compiègne, la Municipalité a souhaité rendre hommage à l’ancien Président de la République. Le groupe PS Social - Écologie s’est naturellement joint à cet hommage. On connaît en revanche les prises de position indignes du Rassemblement National sur le sujet. Un lieu signifiant de Compiègne (le centre hospitalier) portera bientôt son nom. Nul ne s’en étonnera. Mais cherchez le nom de François Mitterrand à Compiègne, vous ne le trouverez pas. Quand nous avons demandé, après sa disparition, de donner son nom, au moins à une nouvelle rue, nous avons essuyé un refus catégorique. Pourtant François Mitterrand a été, lui aussi, un grand Président de notre 5e république, une personnalité reconnue. Regardez le nom des rues d’une ville et vous saurez qui elle est. À Compiègne, il n’y a pas de rue Jean Jaurès ou Léon Blum mais une rue Thiers, Nos écoles ne s’appellent pas Jules Ferry, Paul Bert ou Edouard Herriot comme à Margny. Il n’y a pas la diversité d’une ville qui a connu l’alternance politique comme à Beauvais… 

Bien évidemment, l’alternance ne se lit pas que sur le nom des rues. Elle se lit dans les politiques sociales, économiques, scolaires, culturelles, sportives… Elle se lit dans un budget. Il n’y a pas qu’une méthode de lecture. Nous sommes pour la diversité contre l’entre soi, pour la pluralité contre la pensée unique. 

Alors, si un jour, à Compiègne, on bouleversait un peu l’Histoire ! Cette autre histoire, les compiégnoises et les compiégnois pourront bientôt la choisir. 

Richard VALENTE, Solange DUMAY, Dilvin YUKSEL - Conseillers municipaux PS Social-Ecologie

Tribune - Octobre 2019

Penser global agir local

Le problème crucial de la forêt amazonienne a réveillé de nombreuses consciences au cours de la période estivale. 
Les incendies gigantesques que l’on a pu observer sont les marqueurs terribles de l’extrême fragilité de notre planète.
Notre désarroi s’accompagne d’un autre spectacle tout aussi effrayant : des responsables politiques qui continuent à se désintéresser de notre environnement ou des grands de ce monde qui réitèrent de nouvelles promesses difficilement audibles de respect de notre espace de vie …
La marque écologique devient une empreinte historique à l’échelle du monde, mais …  les cynismes et les égoïsmes de tout ordre continuent !
Il nous faut agir maintenant et de façon déterminée à toutes les échelles, notamment locale.
 
A Compiègne, force est de constater que l'intérêt pour l’environnement est très limité. Chaque fois que notre groupe a pointé les insuffisances dans ce domaine, nous avons dû faire face à des commentaires caricaturaux, acerbes, ou moqueurs.
Et pourtant, les résultats des orientations politiques de l’équipe de Philippe Marini sur le thème de l’écologie laissent plus que perplexes : l’écologie est conçue comme un gadget, une occasion de communiquer avec légèreté... L'insécurité routière avec le manque de pistes cyclables alors que la Loi l’oblige sur les créations ou rénovation de voies routières (en témoigne le dernier accident sur le nouveau quartier des Sablons), le bruit, la pollution, récemment une fontaine préélectorale, au centre ville,  inaugurée sur une marée de pavés sans aucun banc ni espaces verts conséquents.… autant de dossiers non ou mal traités par la majorité actuelle.
Il est grand temps de permettre aux habitants de Compiègne de vivre dans une cité où l’environnement est une préoccupation de tous les instants.  Saluons à titre d’exemple les maires de France, volontaristes,  qui ont décidé de protéger leur population des effets nocifs des pesticides et des glyphosates (voir site « nous voulons des coquelicots »)  .Quelles sont les réflexions et actions menées sur ce thème dans le Compiégnois ?
Notre devoir collectif est de préserver le cadre de vie et la santé de nos concitoyens et celle des générations futures à Compiègne comme dans le monde.

Richard VALENTE, Solange DUMAY, Dilvin YUKSEL - Conseillers municipaux PS Social-Ecologie

Tribune - Septembre 2019

Quel avenir pour le Clos des Roses et la Victoire?

De nouveaux projets d’urbanisme (avec le concours de la Ville, de l’ARC, de la Région et de l’Etat) ont été annoncés au cours des derniers conseils intercommunal et municipal à Compiègne. Près de 450 logements seront détruits (entre 2020 et 2028) pour laisser la place à des lieux de vie plus agréables dans les quartiers duClos desRoses (quartier des Musiciens), quartiers des Maréchaux et de la Victoire. Cette destruction sera massive. Et il faut reconnaître qu’elle sonne comme un aveu d’échec concernant les politiques d’urbanisme passées. Le rapport stipule d’ailleurs, dans les objectifs du projet, qu’il s’agit de « changer l’image dégradée de ces quartiers grâce à des travaux d’ampleur et des modifications profondes, tant sur l’habitat que sur l’espace public… » On y voit toute l’importance de proposer aux habitants des projets dans la concertation et en anticipant les évolutions à venir. Soyons fort satisfaits d’un point : avec ces projets ANRU (Agence Nationale de Renouvellement Urbain), on parle enfin de mixité sociale à Compiègne ! Pendant des années, la gauche a souvent été accusée de naïveté et d’idéalisme par rapport à ses souhaits, consistant à imaginer une ville où la population est riche de ses mélanges et de ses différences.

Oui, les « beaux » quartiers de Compiègne peuvent aussi être accessibles pour une population au pouvoir d’achat moins important. Mais c’est une autre histoire ! quand on analyse les projets des futurs quartiers de Compiègne (sites de l’Ecole d’Etat Major et du Camp des Sablons). Cette exigence de mixité sociale, on le sait, est une solution pour lutter contre les ségrégations scolaires (notre article CNV juillet). Ne croyons pas que les défis à relever n’existeront plus une fois de nouveaux bâtiments et nouveaux aménagements créés. Infiltrer une nouvelle population, après coup, n’est pas si simple. Et n’oublions pas que le mieux vivre au quotidien passe également par la mise en place d’une politique municipale ambitieuse en matière de prévention et de culture. Des pierres ne remplaceront jamais les individus qui contribuent à tisser du lien dans notre cité ! Les professionnels de la culture, les animateurs, les éducateurs de rue, les associations, la police municipale, les commerçants… sont autant d’acteurs incontournables qui doivent être encouragés pour faciliter la qualité de vie de tous nos quartiers.

Richard VALENTE, Solange DUMAY, Dilvin YUKSEL - Conseillers municipaux PS Social-Ecologie